BIO

Marie L Borgia - MLB 

Auteure Photographe Executive Project Manager - Coaching Artistique   - Art Thérapeute  - Curieuse de tout

Sans frontière, le plus souvent vit entre Arles et Paris 

Née à Lyon, France

Graduated from Westminster Universtity > Video Cinema & Photographic Arts, London, UK



Marie L Borgia a baigné des son jeune âge dans le milieu artistique ( ses parents sont peintres et sculpteurs) et s’est imprégnée des ambiances d’ateliers, des conversations et débats d’artistes, des enjeux de l’art et des problématiques plastiques. Aussi ne nous étonnerons pas d’avoir sous les yeux des photographies caractérisés par des confrontations de matières et matériaux divers, par une forte présence de la couleur, par une solide construction de plans ou s’affirme le graphisme des verticales et des obliques, le tout donnant une première impression d’abstraction. Un langage et un vocabulaire très marqué par une perception plasticienne du réel.
Marie L Borgia fait ainsi partie de cette nouvelle génération de photographe qui s’affranchit de plus en plus du support et de la technique pour dessiner d’autres univers qui empruntent à un air du temps, véhiculé autant par le cinéma, la vidéo, la musique ou le bruit de la rue que par la peinture ou la bonne vieille photo.
Marie L Borgia perçoit et transmet la réalité de telle manière que notre impression s’éloigne de l’idée de réalité, plongés que nous sommes dans un atmosphère singulière ou le flou rivalise avec le net, ou les couleurs saturées contrastent avec les gris colorés, ou les zones d’intense luminosité surgissent de noirs profonds dans des clairs - obscurs tendus. Surprenant étranges, à cent lieux des resucées, du ‘déjà vu’, des réalisations réduites aux seuls effets techniques ou technologiques.

Parfois le sujet est étonnamment lisible, d’une rigoureuse présence, d’une vie intense. Parfois il est absorbé par la réalité matérielle, reflet aux formes incertaines, indéfinies et cotonneuses ou il se perd quasi totalement.
Marie L Borgia traque son sujet sous tous ses aspects dans une succession de plans parfois déroutants, ancrés dans le ‘vil quotidien’, selon l’expression de l’artiste, sujets par lesquels se révèle l’intime créant parfois la gène, jusqu'à en être dérangeants.
Le résultat très personnel est marqué par l’esprit et la conception de la photographie anglo - saxonne qui a bousculé cet art par un goût de la recherche, de la créativité débridée et de l’audace.

Si Marie L Borgia a reçu sa première formation quelque peu à son insu, elle l’a poursuivi, aspirée par la photographie à Londres ou elle a vécu onze ans. Elle est diplômée en photographie de l’Université de Westminster à Londres, a travaillé comme assistante dans cette capitale avant de revenir en France, ou depuis, elle se consacre à ses travaux de commandes et ses travaux personnels.



Y. Champeulovier
 

Projet Rencontres en Amnésie - 2019

Terre Adélie par Marie L Borgia, Fabien Ribéry

Qui devient-on lorsque nous ne nous reconnaissons plus et que la perte de mémoire nous gagne ?
Où est-on lorsque nous égarons les mots, les formes des visages aimés, les gestes d’une vie ?
Comment résister à la force d’un trou noir avalant sur son passage et nos proches et nous-même ?
Les personnes atteintes de maladies neurodégénératives – souffrant essentiellement de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson – connaissent cette arrivée progressive ou brusque dans l’inconnaissable, par l’oubli de leurs capacités ordinaires.


A l’EHPAD la Résidence de La Tour, dans la Drôme, la photographe Maria L Borgia, invitée comme art thérapeute, a amené les participants de ses ateliers à se questionner sur les images de leur vie, sur leur histoire, sur leur famille, « en complémentarité de la sollicitation cérébrale menée par les équipes professionnelles ».


Construit comme un objet de haute densité humaine et poétique, un livre très beau, de grande pudeur, célébrant les résidents comme les équipes de soin, témoigne de cette aventure en commun au pays du trouble dans la mémoire.
 

Il s’intitule Rencontres en Amnésie, comme on voyage en terre Adélie dans le froid du climat et la chaleur de

la fraternité des équipes d’exploration, soudées par le même objectif, ici de parer les avalanches, et le retentissement du glas.
 

Dans les images de Marie L Borgia, il y a du partage, du temps donné, reçu, échangé, de l’écoute et beaucoup d’attention envers l’infime.


Considérer la photographie comme un amer dans la tempête : cette personne, là, la reconnaissez-vous ?
La matière est celle du parchemin des mains, mais aussi du jeu de la superposition des scènes, des moments, des transparences, comme une façon de négocier avec les fantômes, de les apprivoiser, et d’accepter d’entrer sans peur dans le moment flottant.
Des résidents ? Avant tout des femmes et des hommes à la vie riche, complexe, belle et terrible, comme chacun.


« Pour faire leur digne portrait d’aujourd’hui, écrit Christian Gattinoni avec beaucoup de sensibilité dans son texte introductif, Marie L Borgia a choisi des images comme brûlées de lumière intérieure, surexposées par les omissions, elle en produit des tirages d’un gris léger comme l’inadvertance. »


Travailler dans le flou, le tremblement, dans l’intervalle se creusant ou s’amenuisant entre personnalité et personne.
– Quelle heure est-il depuis hier ?
– Pourquoi personne ne vient me chercher ?
– J’ai photo ?
– Tiens, il s’est arrêté de pleuvoir.
– Ici, dans la classe, c’est moi, je crois.
– A quoi sert cette clé ?
Ouvrir les vieux albums, faire de la cartomancie avec les médaillons de toute une vie, dans la grande brassée des temps et des visages.
Marie L Borgia photographie en couleur des objets, des pans de tableaux, un rouge à lèvres, des mains hors d’âge, avant que le noir et blanc des visages et des fragments de corps ne vienne inquiéter le regard, ou le désorienter.

 

Car nous sommes au pays de l’impossible, de la perte de l’identité, et de l’effort insensé pour que l’autre ne sombre pas totalement. Un drap de lit blanc s’arrachant de la profondeur du noir. Des yeux perdus dans les pixels du temps. Des lueurs, du bougé, des abysses. Fraternité dans l’inquiétante étrangeté.
 

En des séquences d’images construites comme des diptyques ou des polyptiques, passe, ailes déployées, l’ange du temps, entre effroi, effarement, désespoir (jeu avec le tableau de Gustave Courbet Le Désespéré), et sourires de malice.
 

L’art comme un soin, et comme un passage. Ultime politesse envers un processus d’involution nous effaçant bientôt de tous les miroirs.


Marie L Borgia, Rencontres en Amnésie, textes de Christian Gattinoni & Marie L. Borgia, traduction (anglais) Robert Mc Innes

André Frère Éditions, 2019
 

Publié par 
LINTERVALLE BLOG Fabien Ribery

Biennale d’Issy 2019 « Portraits contemporains, selfies de l’âme? »

Rencontres en Amnésie - Encounter in Amnesia

Openeye Magazine - Sept 2019

61 artistes investissent les salles du Musée Français de la carte à jouer d’Issy-les-Moulineaux autour de la thématique Portraits contemporains, selfies de l’âme? Inspirée d’un commentaire d’Oscar Wilde à propos du portrait de Dorian Gray: « J’ai mis trop de moi-meme, là dedans. »

L’exposition se diffuse également dans la ville en OFF avec des oeuvres exposées dans les médiathèques, à l’École de Formation des Barreaux de la cour d’appel de Paris ainsi que dans la ville.

Parmi les photographes exposés, Marie L Borgia, photographe et vidéaste, présente « Rencontres en Amnésie », fruit de 14 mois de travail en unité protégée auprès de patients atteints maladie neurodégénératives.

«  D’eux il ne pourrait rester à léguer qu’un vieux cliché, une gravure décrochée du mur, un coussin, une clef dont on ne connait plus le coffre ou la porte, un étui de rouge à lèvres ou un réveil aux aiguilles arrêtées. C’était sans compter avec cette rencontre altruiste d’une photographe venue jusqu’en amnésie leur apporter des images inédites de leur aspect d’aujourd’hui. Avec ces images construites, essentielles, Marie L Borgia a su donner forme à leurs ressentis, à leurs diverses émotions et finalement à la singularité de leur être. » Christian Gattinoni  

Exposition du 11 septembre au 10 novembre 2019
Musée de la Carte à Jouer - 16 Rue Auguste Gervais, 92130 Issy-les-Moulineaux
Médiathèque Centre Ville - 33 Rue du Gouverneur Général Eboué, 92130 Issy-les-Moulineaux
École du Barreau EFB - 1 Rue Pierre-Antoine Berryer, 92130 Issy-les-Moulineaux

OPENEYE MAGAZINE
 

Projet Dialogues Photographiques - 2016

MLB commence par projeter, sur ses images, une énorme quantité d’énergie volontaire, elle en mappe ses photographies en couches multiples, elle travaille par  imprégnation, forçant la surface de toutes ses intentions.
Ensuite commence, dans le secret de son studio, un lent et long travail de façonnage, et  là compte la patience, la rigueur jusqu’au doute, une longue approche méticuleuse pour venir à bout de l’exigence. Elle tisse, elle retaille, elle découpe, sectionne et ampute même. Entre couture et chirurgie, elle refaçonne les crudités d’un monde intime, de non-dits.  Les silences, alors, s’exposent explicites.

MLB ne dissimule rien, mais elle dispose à sa guise, elle fait œuvre par dignité et fidélité. Il s’agit d’abord d’une histoire naturelle d’hommes et de femmes qui vivent pareil à tous, qui aiment et qui souffrent aussi. C’est la vie brut parfois banale, documentée avec le soucis de la justesse.
L’art vient seulement adoucir et enchanter  un réel parfois trop agressif à ses yeux.

Elle récite dans l’ombre des alcôves les formes  des corps  offerts à visage caché. Elle raconte des parcours et plusieurs destins se croisent  dans le cadre.
Il s’agit là de l’essence d’abord.

Jacques Torregano, Photographe - Diffuseur Divergence Images

Trivial Pursuit 

Marie L Borgia en belle compagnie - La solitude fondamentale de l’artiste suffit elle à entendre ce besoin de compagnonnage qui cherche dans l’histoire de l’art moins des maîtres que des pairs ? Les enjeux d’un art référentiel ne sont ils les résultantes que d’une posture d’humilité ou affirment-ils, au contraire, un besoin de reconnaissance d’une pratique consciente de sa valeur ? L’œuvre photographique de Marie L Borgia apporte des réponses nuancées à ces problématiques ouvertes avec le grand chantier post-moderne.
En plaçant l’ensemble de ses images sous l’autorité ironique du Trivial Pursuit l’auteure attend de son spectateur qu’il accepte d’entrer dans son jeu de (re)connaissances catégories art contemporain, cinéma et musiques actuelles. Chaque œuvre singulière ou série est dédiée soit à un artiste seul soit à une de ses œuvres précisément identifiée en légende. Ce référencement déjà duel se trouve encore mis en abyme par un jeu de mots qui fait office de titre tout en éclairant le regardeur sur la personne à qui s’adresse la dédicace. Parmi les nominés on trouve un musée idéal où se croisent Malevitch, Rothko, Bruce Nauman, Cy Twombly, mais aussi Viola ou Cronenberg sur des bandes sons de Lou Reed ou Laurie Anderson. S’aidant parfois du passage d’une langue à l’autre ces titres franco-anglais jouent de toutes les ressources du calembour à l’à peu près.
 La description de ce système ne dit apparemment rien de l’esthétique cependant sa cohérence en tant qu’instance de nomination différée décale la représentation vers une abstraction lyrique. Beaucoup de ces images jouent de paramètres spécifiques d’extrême lumination, de flou, de filé, d’absence de point focal. Toutes ces valeurs purement photographiques miment le pictural qu’elles semblent vouloir déjouer. Un autre ensemble apporte un contrepoint plus charnel à ces figures esthétiques. La présence même distanciée de visages et de corps énoncent les conditions d’une fête sensuelle déjà promise par les titres de films ou de chansons. Dans cette séduisante matière où ils semblent en suspension le face à face des visages s’envisage et les corps se préparent à la force de la rencontre. Dans cette perspective les auteurs à qui les hommages sont destinées deviennent compagnons qui encouragent cette aventure à créer pour la vivre dans sa plénitude.

Christian Gattinoni

Short Cuts > Blue - L'Émoi Bleu

Le suspens d’une annonciation  du désir



Marie L Borgia crée ses photographies dans une visée post-moderne où chaque série, dédiée à un artiste, lui rend un hommage distancié.


L’émoi bleu dérive de Blue le dernier film confession du réalisateur militant de la cause homosexuelle : Derek Jarman, d’abord célèbre pour son Caravagio.


Flottant ainsi  entre les univers du pictural et du filmique ces images s’appuient cependant sur de purs paramètres photographiques.

 

Dans le milieu liquide où ils sont plongés les corps saisis dans leur mouvance le sont dans une faible profondeur de champ et avec un intense flou de bougé. L’écran surfacé de l’eau renforce l’effet out of focus autant que la citation d’un rendu cinématographique.
Est-ce sous  cette double influence que les corps prennent une dimension qui donne à lire l’ange sous sa nage ?

 

Dans toute la première partie où le corps s’ébat seul l’ange se donne, de fait, à voir.
Dès lors la tentation est grande d’envisager pour la deuxième partie, où deux protagonistes partagent la même scène comme une annonciation profane, une rencontre de désirs où les corps subissent leur mutuelle transformation lumineuse.
Chacune des séquences se résoud quand  le suspens condense chaque être sur son noyau vital le plus infractable.

Christian Gattinoni

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